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mardi 10 août 2010

Film : je vous aime très beaucoup

Qu’est-ce qui fait l’amitié entre frères ?

Il s’agit de trois garçons, qui n’ont pas été élevés ensemble, fils d’une mère à la vie cahotique ( dont ils en ont très peu de souvenir) et de pères différents, l’un élevé dans un foyer (le rasta blond, 15 ans), l’autre dans la nouvelle famille de son père ( le métis, 17ans), le troisième ( 8 ans) par sa grand-mère maternelle ( antillaise, appelée la Nonna).
Après le décès de leur mère, ne se connaissant pas, ils se retrouvent lors des vacances d'été chez Nonna.
Au début ils ne s’accorderont sur rien, ne s’aimeront pas. Les deux aînés aux habitudes culturelles opposées ne feront aucun effort pour se parler. Au grand désespoir de leur grand-mère. C’est le petit frère, chargé par celle-ci de rendre le séjour agréable à ses grands frères, qui les rapprochera. Il se prend au jeu, propose une activité. C’est, à partir de là, une succession d’aventures rocambolesques, d’actions qu'ils font « ensemble » et qui vont souder le quotidien des trois frères. Eux qui étaient séparés par des histoires différentes vivent enfin la même histoire. Ils vivent pleinement le moment présent, avec avidité. Ils font des bêtises. C’est enfin ce qui manquait à leur fraternité de papier : ils sont heureux.
Certains s’offusqueront des comportements de ces enfants, et condamneront leur violence. D’autres jugeront outrée leur envie de découvrir la sexualité. Enfin certaines scènes assez invraisemblables et excessives sont malheureusement le reflet de notre société.

De toute évidence la phrase de la Nonna, parlant de sa fille qui n’a pas pu élever ses enfants : « Votre maman a fait ce qu’elle croyait bien pour vous » ne répond que partiellement aux questions des enfants mais elle donne du sens à leur séparation.
C’est un film sur la famille, un film à rebondissements et positif. Il y a des réminiscences de films très connus. On pense notamment à « La guerre des boutons », à « Jeux interdits » et à « Y aura-t-il de la neige à Noël ?» ce dernier beaucoup plus dramatique. Un film à recommander.


Film de Philippe Locquet, 2009, avec Firmine Richard ( La nonna) , Max Clavely, Julien Crampon, Pierre Lefebvre ( les trois garçons) , Léopoldine Serre ( la jeune fille), Bruno Lochet, Philipe Duquesne, Albert Delpy.

Marie-Hélène Dacos-Burgues

jeudi 15 juillet 2010

Film : Marga

L’histoire de Marga est basée sur le récit de Marga Spiegel publié en 1965 et intitulé « Sauveurs dans la nuit ». Son livre raconte comment des fermiers de Westphalie l’ont caché elle, sa fille et son mari.

Marga est un film qui nous instruit d’abord sur l’Allemagne. Contrairement aux idées reçues il y eut des personnes pour s’opposer à la politique du Reich, au sein même de la partie probablement la plus conservatrice de la société allemande d’après la guerre de 14. Ces hommes et ces femmes ont agi seuls, sans encadrement. Leur détermination est d’autant remarquable. C’est de l’intérieur d’eux-mêmes qu’ils ont tiré leur ligne de conduite. Ils ont été reconnus comme étant des justes. Ils sont 455 en tout.

En 1943, en Allemagne, la chasse au juif fait rage. Les personnes sont envoyées dans des camps d’exterminations. Leurs biens confisquées. Leurs maisons sont rasées. En Westphalie il ne restera plus aucun juif. A Ahlem les actes de quelques fermiers furent remarquables. Ils sont relatés dans ce film.
Le film commence par la nuit, les chevaux, des hommes qui chuchotent, la peur, la décision à prendre rapidement sans avoir le temps de peser le pour et le contre. Heinrich Aschoff, patriote allemand, membre du Parti Nazi, père d’un soldat de la Wehrmacht va prendre le risque de cacher la famille d’un de ses compagnons de guerre (celle de 14/18), le juif Siegmund (Menne dans le film), riche marchand de chevaux. Une décision grave qui met sa vie en danger ainsi que celle des membres de toute sa maisonnée. Hubert Pentropp, autre voisin, autre compagnon de guerre recueillira lui le marchand de chevaux qu’il faut cacher. Ce dernier restera sans aucun contact jusqu’à la fin de la guerre et jusqu’à en perdre la raison.
Le film ensuite déroule les événements. Le départ du militaire, la jeune fille engagée dans la jeunesse Nazi, endoctrinée et qui risque à tout moment de dénoncer son père, les travaux des champs dans lesquels Marga, qui heureusement est blonde, doit savoir se faire oublier, les petites jalousies, la difficulté pour l’enfant Karin de quatre ans à garder le secret sur son identité et sur son passé, les privations des uns et des autres. Pas de grandiloquence. Les hommes ont fait ce qu’ils croyaient juste, les femmes ont assumé ces décisions comme d’habitude. Nous comprenons donc très bien, par les détails, que toute la population allemande n’a pas soutenu la politique Nazi du Fürher. C’est important d’un point de vue historique.
Ce film a une autre vertu. Il fait voir comment on peut se dégager des discours politiques ambiants, même si ceux-ci sont très convaincants. Les juifs secourus étaient en effet des juifs riches. La majorité des familles allemandes traditionnelles adhéraient à la politique nationale, pleuraient les morts des deux guerre… ceux de 14/18 et ceux de 39/45. Les fermiers du village de Ahlem avaient toutes les raisons de fermer les yeux et cependant ils les ont ouverts sans attendre la moindre récompense, juste pour être en accord avec eux-mêmes. C’est sans doute ce qui impressionne le plus.
Ce film nous alerte enfin sur la situation présente de certaines populations en France. Nous ne devons pas fermer les yeux, ni ignorer ce qui se passe, ni craindre de nous opposer.
Film de Ludi Boeken. Allemagne.2009 ; avec Veronica Ferres, Armin Rohde, Margarita Broich, Martin Horn, Lia Hoensbroech. Scinario ded’Otto Jägersberg,Moszkowicz, Heidrun Schleef d’après le livre de Marga Spiegel « Sauveurs dans la nuit »
Marie-Hélène Dacos-Burgues

mercredi 14 avril 2010

Film "La Pivellina"

Un film dont la vedette principale, Asia, a deux ans.
Le film la Pivellina introduit dans le monde de ceux qui vivent en roulotte, sans peu de moyens, dans la boue, avec le sentiment de n'être pas acceptés par la société environnante. Les animaux sont leur seule compagnie ( les chiens, les lionceaux, les chèvres). Ce sont des gens d'un tout petit cirque. La pauvreté, ici, ne sert pas de cadre à l'expression d'un misérabilisme ni même à l'expression de revendications de droits. Non. Le film raconte une histoire toute simple d'une enfant de deux ans Asia abandonnée sur une balançoire par sa mère, trouvée par Tante Patti à la recherche de son chien.C'est un film sur la fraternité des humains. Le film n'est que tendresse, et il est très vrai dans la description du quotidien. Notamment le jeune garçon Tairo est plein d'attention. C'est en quelque sorte l'envers de ce qu'on raconte sur les tziganes. Le film a eu le Prix des Cinémas Européens au festival de Cannes 2009. Il est soutenu par ISF association qui rassemble les salles indépendantes non subventionnées. En allant le voir, outre la joie de voir cette lenteur loin de nos trépidations folles et cette simplicité des sentiments, on participe à une action militante.

Marie-Hélène Dacos-Burgues
Film italien de Tizza Covi et de Rainer Frimmel , avec Patrick Gérardi, Walter Saabel, Tairo Caroli , Asia Crippa, 2009.

mercredi 10 juin 2009

Fraternité - Que peut-on en conclure pour la fraternité?

50. Que peut-on en conclure pour la fraternité ?
La fraternité, un chemin de vie !
C’est encore Victor Hugo : " Nous sommes frères par la vie." .
C’est aussi un point de vue très proche de la pensée d’Albert Jacquart : " La plupart des religions recommandent d’aimer son prochain. Le fait est que, malgré cet objectif, elles ont souvent secrété des comportements d’exclusion des " païens", des " infidèles", des " ennemis du vrai Dieu", qui n’étaient plus regardés comme des prochains, des frères, mais comme des adversaires à éliminer. Ce n’est pas au nom d’une volonté divine qu’il faut " aimer son prochain" mais au nom de notre lucidité sur la réalité humaine. Cette lucidité est pour moi le fondement de la laïcité." .
La vision qu’a Joseph Wresinski de la misère et de la fraternité est une des plus lucides du siècle et la moins intolérante. Elle est compatible avec la laïcité définie par Henri Pena-Ruiz : " Avant tout, la laïcité doit rendre visible ce qui est commun aux hommes, et non exalter ce qui les divise. Elle est garante de la concorde dans la cité." . Chez Joseph Wresinski, l’intégration des trois termes de la trilogie républicaine (Egalité, Liberté, Fraternité) est non seulement avérée mais porteuse d’espoir pour tous les citoyens attachés aux valeurs de la démocratie.
Textes choisis
" Ce qui est important c’est que les pauvres participent à ce que vous faites et qu’ils vous contrôlent.".
Le social, la charité et les pauvres, conférence à Mulhouse, le 16 décembre 1966.
" L’important, à travers nos actions, c’est d’avoir la passion d’apprendre et de faire apprendre. Nous créons l’histoire, la place des plus pauvres dans l’humanité, c’est cela la commémoration du 17 octobre et il ne faudrait pas que nous nous enfermions dans un secteur, dans une unité, dans un pays. Demandons-nous : est-ce que je me situe dans le combat de l’humanité pour plus de liberté, plus de fraternité, plus d’égalité?".
L’enjeu du 17 octobre, 20 août 1987, Dossiers de Pierrelaye.

Extraits du livre "Agir avec Joseph Wresinski, le fondateur du Mouvement ATD Quart Monde" Editions chronique sociale 2008